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Je m’appelle Rose j’ai 23 ans, je suis l’heureuse maman d’un petit garçon Gabriel né en août 2024 ici en Charente. 

Avant ma grossesse j’étais une jeune femme profondément perdue dans sa vie, à tous (ou presque) tous les niveaux… je me cherchais beaucoup et on peut même dire que j’errais… Je n’avais aucune confiance en moi, je me dévalorisais sans cesse, je ne voyais aucune de mes nombreuses (je le découvrirai par la suite!!) qualités, je ne trouvais aucun sens à ma vie, ni dans mes études, ni dans mes loisirs, je ne m’autorisais pas à prendre soin de moi puisque d’après moi je ne valais rien. Ma dynamique de vie et de pensées m’ont fait me retrouver entourée de mauvaises personnes, ayant une mauvaise influence sur mon comportement, mes actes et mes décisions.

Depuis mon adolescence j’utilisais mes capacités scolaires, intellectuelles, et de réflexion à mauvais escient, je m’auto-sabotais plus ou moins consciemment.

Psychologiquement j’étais également très fragile après des épreuves difficiles pendant mon adolescence.

En 2022 j’ai rencontré un homme, une personne que je croyais être faite pour moi, je pensais trouver un réel soutien / appui avec lui même si tout le monde me mettait en garde… Malheureusement ce n’était pas une personne fréquentable je m’en rendrai compte bien plus tard.

Je voulais (et il me faisait croire que c’était réciproque) un enfant avec lui.

 En décembre 2023 j’ai appris ma grossesse, j’étais ravie mais à la fois terrorisée, c’était concret. Je lui ai donc annoncé avec joie mais il fut sans réaction. Puis quelques jours après j’ai eu une sorte de déclic : cet homme ne m’apporterait rien de bon, ni à moi et surtout ni à mon enfant, qui dès cet instant était devenu mon unique priorité. 

Je l’ai donc annoncé à mes parents (avec qui j’ai une relation conflictuelle depuis toujours) et leur réaction aurait difficilement pu être pire… Avec le recul je peux « comprendre » leurs craintes et angoisses quant à l’arrivée de ce bébé au vu de ma situation.

Mon père m’a donc posé un ultimatum le 25 décembre, je devais avorter ou quitter la maison familiale quasi immédiatement.

L’avortement n’était pas une « solution » envisageable pour moi, j’étais déjà profondément attachée à ce bébé, je ne pouvais pas interrompre cette grossesse qui je le savais changerait à tout jamais ma vie.

J’ai donc tenté de contacter les centres maternels de ma région mais soit ils n’étaient pas joignables (période entre noël et nouvel an), soit les conditions d’accueil n’étaient pas compatibles avec ma situation (pas d’accueil avant 7 mois de grossesse, certaines places réservées pour les mineures, pas de place disponible rapidement.

J’ai donc cherché sur facebook une solution pour poursuivre ma grossesse quoi qu’il arrive mais je ne trouvais aucune réponse à mes questions.

Et là, le 4 janvier quelqu’un m’a contacté et m’a parlé d’une maison d’accueil associative pour femmes enceintes isolées, mais je n’en savais pas beaucoup plus!!!

J’ai donc fait mes recherches sur la page Internet et Facebook de cette fameuse « Maison de Rosalie » et je me suis dit « appelle pour te renseigner, tu verras bien, tu n’as “rien” à perdre » j’ai donc appelé le 5 janvier en fin de journée et Marine a décroché, nous avons pu échanger sur ma situation, mon histoire et mon éventuel accueil, le tout sans jugement et avec beaucoup de bienveillance. 

J’ai donc pris la décision de venir en essai pendant une semaine. (finalement je ne suis jamais repartie!!), à partir du 8 janvier. J’ai donc dû trouver un moyen pour traverser la France, depuis le grand Est, avec toute mes affaires (puisque je ne me voyais pas prendre ma voiture pour 10H de route).

Me voilà donc arrivée à la maison de Rosalie à peine 3 jours plus tard. Énormément de diverses questions tournaient en boucle dans ma tête, mais j’avais surtout peur de ne pas supporter la vie en communauté, étant quelqu’un d’assez solitaire (même si je suis très sociable et bavarde). Mais finalement le fait d’avoir une grande liberté d’espace, d’avoir chacune sa propre chambre, et de pouvoir faire notre emploi du temps selon nos souhaits (à part les repas en commun, le ménage et une réunion de maison une fois par semaine) ont été un mode de fonctionnement qui m’a très bien convenu, et qui a même été bénéfique à mon équilibre.

 J’ai de suite été très bien accueillie par les mamans déjà présentes (et leurs enfants). J’ai développé de nouvelles compétences, en couture, entretien du jardin, cuisine. On me valorisait quotidiennement, me poussant à devenir la meilleure version de moi même et de révéler mon potentiel. 

Ayant un tempérament anxieux et stressé, la grossesse a été tout le long une grande source d’angoisse pour moi mais Marine et Anne étaient présentes pour répondre à mes questions et calmer (à leur échelle) mes craintes/angoisses. 

Physiquement la grossesse a aussi été très éprouvante, je n’en garde majoritairement pas un très bon souvenir. Mais en y repensant, sentir mon fils bouger dans mon ventre et ce ventre rond me manque quand même parfois. C’était vraiment une période à part. 

J’ai pu faire l’ensemble de mon suivi de grossesse à l’hopital d’Angouleme, où j’ai pu être accompagnée à chacun de mes rendez vous. (et il y en a eu beaucoup)

J’ai également été suivie par une formidable sage femme de PMI, qui venait à domicile pour les cours de préparation à l’accouchement, et qui est restée toujours très disponible par téléphone entre nos rdv pour répondre à mes questions ou mes petits désagréments de grossesse.

De par ma « faiblesse » psychologique, j’ai pu bénéficier à ma demande d’un suivi psychologique pour apaiser mes angoisses et m’aider à me projeter dans ma nouvelle vie et appréhender sereinement la période post partum qui nous le savons est très éprouvante pour la jeune maman sur tout les aspects. Ce suivi ainsi que l’accompagnement quotidien des éducatrice et des mamans de la maison m’a permis d’accueillir mon fils avec un apaisement intérieur et une grande confiance en l’avenir.

J’ai pu également préparer l’arrivée de mon bébé grâce aux dons de mobilier et de petits vêtements. Un grand merci !

Nous voilà donc le jour J. Je vais enfin rencontrer mon bébé après 8 mois et demi d’attente. 

Marine est restée avec moi tout le long de mon accouchement et malgré des complications j’en garde un merveilleux souvenir. Au premier cri de mon fils j’ai instantanément été submergée d’émotion, moi qui avait peur pendant ma grossesse de ne pas aimer mon bébé. Il était parfait, je l’ai directement pris contre moi et je me suis enfin, après 22 ans d’existence sentie comblée. Gabriel était enfin là. Le 12 aout 2024 à 00h26 ma vie a changé a tout jamais.

Nous sommes restés 10 jours à la maternité, c’était très très long… mais chaque jour Marine ou Anne venait nous rendre visite. Les débuts ne sont pas forcément simple, l’allaitement n’est pas toujours évident à mettre en place, la crainte des premiers bain avec un si petit bébé, essayer d’interpréter les pleurs de son enfant, a-t-il faim ? Soif ? Mal quelque part ? Sa couche est pleine ? La maternité est une remise en question permanente finalement.

Ca y est, nous rentrons enfin, Gabriel va faire la rencontre des autres bébés de la maison et de leurs mamans ! Nous sommes chez nous et quel bonheur d’être dans notre chambre, de partager des repas avec tout le monde, de pouvoir aller prendre l’air dehors.

Le gros avantage de la maison de Rosalie c’est que les éducatrices ne font pas POUR nous mais AVEC nous. Je pouvais donc gérer entièrement les soins de mon bébé, les rdv, les nuits de mon fils mais elles étaient présentes en soutien si j’avais besoin de leur aide.

Le quotidien était rythmé autour de mon fils, des repas en commun, de nos discussions le soir, des promenades ensemble, de préparations de divers évènements au sein de la maison (restaurant, vin chaud).

Puis en fin d’année, lorsqu’on avait trouvé notre rythme tout les deux, j’ai commencé à ressentir le besoin d’autre chose, de notre chez nous. J’ai laissé ce souhait mûrir dans un coin de ma tête puis en janvier c’était clair, on allait commencer à chercher un appartement pour déménager. J’ai longuement hésité, je retournais près de ma famille et de mes amies mais dans une région où j’avais très peu de bons souvenirs, malgré le fait que la séparation géographique et la naissance de mon fils avaient grandement apaisé les tensions familiales, ou je restais en charente, dans une région ou je n’ai personne à part la maison de Rosalie. Finalement nous sommes restés en charente. On a pu trouver un F2 avec un terrasse et un petit jardin pour que Gabriel, le petit aventurier puisse explorer et jouer dehors !

Nous avons donc déménager le 2 avril 2025, après 15 mois au sein de la maison de Rosalie. J’étais autant impatiente que sur la réserve quant à ce changement de vie. Et si je me sentais trop seule ? Trop isolée ? Et si je n’arrivais pas à gérer tout le quotidien toute seule avec Gabriel ? Et si, et si et si… Il fallait se lancer, sans certitude que ca fonctionne mais il fallait essayer. 

Le départ de la maison a été très étrange, j’étais tellement heureuse de notre nouvelle vie à deux mais aussi tellement triste et nostalgique de cette aventure ici, je suis arrivée « seule », perdue et sans repère, je repars avec mon fils, heureuse et confiante quant à notre avenir. Merci la maison de Rosalie !

Nous sommes maintenant 6 mois après notre déménagement, nous venons encore très régulièrement en visite à la maison, passer une journée où un weekend ! C’est toujours un plaisir de revenir partager des moments avec les nouvelles mamans, Marine et Anne, faire un point sur les nouveautés dans nos vies, les nouveaux apprentissages de Gabriel, nos projets futurs. 

Nous nous sommes très bien adaptés à notre nouveau chez nous, tout se passe très bien même si parfois le manque de vie sociale (et encore j’ai de nouveaux amis) se fait ressentir, notre petite routine est bien en place, Gabriel va 3 jours par semaine à la crèche, ce qui me permet de faire toutes les choses difficiles à faire avec un enfant (rdv médicaux, courses, ménage), je peux également me reposer un peu vu que Gabriel est un très petit dormeur, ou encore parfois juste prendre du temps pour moi ! Ce qui est avec du recul indispensable pour le bien être d’une maman, et donc par extension, pour le bien être du bébé.

Si je devais résumer en quelques lignes ma vie pendant et après la maison de Rosalie, je pourrais dire : RENAISSANCE ET RICHESSE.

Cette période de ma vie, difficile et magnifique à la fois, m’a permis de me trouver réellement MOI, Rose, la maman de Gabriel, mais aussi Rose une jeune femme de 23 ans à qui la vie tend les bras, qui a maintenant conscience de ses qualités, capacités que la maison de Rosalie a su révéler, soutenir et faire briller mais surtout elle a découvert sa vraie valeur, et celle de la vie. 

Merci la Maison de Rosalie, mais surtout MERCI LA VIE 

J'ai habité près de deux ans à la Maison de Rosalie et quand je me retourne sur cette expérience, voici ce que je vois à son tout-début, et maintenant, plusieurs mois après avoir quitté la Maison : J'allais vers un NOUVEAU DEPART et c'était une décision difficile à prendre, un pas douloureux à faire.
Un jour je suis tombée sur cette citation de Bob Marley qui dit : " tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort reste ta seule option". Cette phrase résonne en moi car elle résume parfaitement mes débuts en tant que maman. Je m'appelle Diana, je suis l'heureuse maman d'un petit garçon qui s'appelle...
Je m’appelle Marion j’ai 23 ans, je suis maman d’un petit garçon de 18 mois. Je suis tombée enceinte à l’âge de 21 ans alors que j’étais en formation, j’habitais seule, et j’avais peu de contact avec mes parents. Le géniteur de mon fils n’a pas voulu assumer l’enfant. A ce moment-là je me suis sentie démunie...